Chercheur doctorant FNRS 

Promoteurs : Bruno Frère (Directeur de Recherche, FNRS) et Frédéric Keck (Directeur de Recherche, CNRS)

Pour interroger les pratiques de « gestion » de la nature dans leurs multiples dimensions, la trajectoire académique de Théo Busto s’initie depuis les sciences du vivant pour cheminer vers les sciences humaines et sociales. Convaincu de l’intérêt d’une approche plurielle pour examiner cette thématique, il a d’abord suivi un cursus d’ingénieur, qui s’est conclu par la spécialité « SPES » (Science Politique & Écologie) dispensée à l’AgroParisTech. 

Il s'est ensuite formé aux humanités environnementales sur les bancs de l'École des Hautes Études en Sciences Sociales (EHESS). Sa démarche se caractérise moins par une hyperspécialisation disciplinaire que par une volonté de combiner histoire, anthropologie et sociologie au service d’un sujet qui interroge les relations plurielles entre les sociétés humaines contemporaines et la « nature ». 

Le travail de recherche qu’il conduit, sous la cotutelle de Bruno Frère (Directeur de Recherche, FNRS) et de Frédéric Keck (Directeur de Recherche, CNRS) porte sur la « gestion » de la vie sauvage en forêt. Pour faire face aux bouleversements environnementaux qui affectent graduellement les milieux vivants (fragilisation des peuplements forestiers, érosion galopante de la biodiversité, circulation d’agents pathogènes), la Wallonie - à l’instar d’autres régions européennes – s’est dotée d’un nouvel outil de protection ; le Parc National de la Vallée de la Semois. Ce Parc, à l'instar d’autres acteurs institutionnels (Département Nature et Forêt, gouvernement Fédéral, Parlement Européen, etc.) déploient des « normes » environnementales qui doivent être appliquées par trois principaux groupes d’acteurs sur le terrain : les forestiers, les naturalistes et les chasseurs. Or, ces mesures sont systématiquement traversées par une tension entre autonomie et contrôle de la vie sauvage.

Comment s’articule cette tension entre le « faire » et le « laisser-faire » pour mieux préserver la santé de la forêt ?

Cette recherche ethnographiera les pratiques des 3 groupes susmentionnés via une observation participante au long cours (un an). Les investigations se borneront à la gestion de trois types d’actions en forêt :

Les pratiques sylvicoles, à savoir la gestion des peuplements forestiers
Les actions liées à la chasse 
Les actions en matière de biodiversité, avec un focus sur les politiques de lutte contre les espèces dites « exotiques envahissantes ».
Trois disciplines seront majoritairement mobilisées :

l’écologie forestière révélera le cadrage scientifique d’une « bonne » gestion de la forêt selon les acteurs institutionnels impliqués 
l’anthropologie dépeindra les rapports écologiques tissés entre la société ardennaise et la forêt
la sociologie examinera la capacité des habitant·e·s impliqués en forêt à « jouer » avec les normes en matière de nature, pour établir des compromis. 
L’objectif à plus long terme de ce projet tient en la possibilité d’ouvrir une nouvelle voie théorique pour comprendre les transformations contemporaines de notre relation à la vie sauvage en Europe, le tout en prenant appui sur des recherches déployées dans plusieurs pays européens (Belgique, France, Espagne, Italie, Tchéquie). 

Ce travail viendra enfin nourrir le registre de recherche interdisciplinaire sur la domination et la communication animale que Véronique Servais et Bruno Frère mènent conjointement à Liège à travers le projet HACAB  (Human-Animal Collectives Assisting the Biosphere).

 

Contact 

Théo Busto

modifié le 10/02/2026

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